Une industrie responsable

Comme toute activité humaine, l’exploitation des granulats marins est susceptible de générer des impacts sur le milieu physique et biologique. Afin de connaitre ses impacts et les maitriser, la profession s’est engagée dans des programmes scientifiques d’acquisition de connaissances. Cette activité est encadrée par une règlementation stricte qui impose de nombreux suivis des extractions, contrôlés par les pouvoirs publics. Les entreprises mettent en œuvre des protocoles d’études des impacts sur le milieu, construits avec les scientifiques et l'IFREMER, qui permettent d’analyser l’état initial du site, de surveiller l’effet des extractions et d’acquérir de la connaissance sur le milieu marin. En effet, environ 200 stations de suivi environnemental sont associées aux concessions, dont la moitié sont des stations de référence (stations éloignées de la zone d’impact). Ils peuvent aussi conduire à adapter les méthodes et périodes d’exploitation pour en limiter les effets et favoriser la recolonisation naturelle du milieu. L’ensemble de ces données est partagé avec les parties prenantes : services de l’État, organismes scientifiques, universitaires, associations de protection de l’environnement, pêcheurs, plongeurs, etc.

Created with Sketch. Les principes d’exploitation

L’extraction des granulats marins est réalisée par des navires équipés d’un système d’aspiration. Ils parcourent le site d’extraction à vitesse réduite. On parle de navire extracteur ou drague aspiratrice en marche (DAM) ou drague aspiratrice à élinde trainante. De façon plus marginale, certains navires sont équipés de bennes preneuses qui extraient le matériau de manière ponctuelle sur le site.

Un navire extracteur est équipé d’une élinde trainante, tuyau articulé et relié au navire. Lors de l’extraction, il dépose son bec d’élinde sur le fond et aspire au moyen d’une pompe un mélange de granulats et d’eau. Ce mélange est ensuite déversé dans la ou les cales du navire. Cette technique est celle préconisée par le CIEM (Conseil International pour l’Exploration de la Mer), car elle permet de réduire les impacts sur l’extraction.


Le mélange de sédiments et d’eau issu de l’élinde est décanté. Selon le type de navire, les particules les plus fines sont évacuées avec le surplus d’eau par :

  • surverse, c’est-à-dire que l’eau est évacuée par des sabords ;
  • déverse, c’est-à-dire que l’eau est évacuée via un dispositif spécifique sous le navire.

Created with Sketch. Transport

Lorsque la cale est remplie, le navire se dirige vers son port de déchargement. Le temps de chargement du navire est en moyenne de 1 à 5 heures selon la nature des matériaux, la profondeur du gisement et les conditions nautiques. Les navires sont équipés du système de positionnement AIS (système d'identification automatique) qui permet aux services responsables de la sécurité en mer de les suivre à tout moment.

Created with Sketch. Déchargement

Le déchargement des matériaux se fait sur des sites terrestres dûment autorisés au titre des installations classées pour la protection de l’environnement. Plusieurs techniques de déchargement peuvent être mises en œuvre :

  • au moyen de godets pour vider la cale et transporter les matériaux via un convoyeur depuis le navire vers le site de déchargement ;
  • par refoulement hydraulique dans des bassins dédiés via une conduite reliant le navire au site de déchargement.

Les navires s’acquittent des différentes taxes portuaires dues pour l’accostage en zone portuaire (pilotage, lamanage, taxe navire, taxe marchandise, etc.). Par ailleurs, les volumes déchargés sont déclarés aux douanes et font l’objet de paiement de redevance à l’État ou aux ports.

Created with Sketch. Traitement

Selon leurs caractéristiques, les matériaux siliceux font l’objet d'un traitement dans des installations industrielles (criblage, concassage, lavage) pour répondre aux spécificités des demandes. Ces installations sont elles aussi dûment autorisées au titre de la règlementation des ICPE.

  • En savoir plus : Contribution à la connaissance +
  • En savoir plus : Autocontrôles et surveillance +

Created with Sketch. Acheminement vers les marchés

Les granulats marins sont transportés, en France, sur une distance moyenne n’excédant pas 30 km, en raison du cout du transport par route vis-à-vis de leur valeur (le prix d’une tonne de granulats double tous les 50 km). Le granulat marin est donc une ressource de proximité destinée à un usage local. C’est la raison pour laquelle les granulats marins sont presqu’exclusivement utilisés dans les zones littorales. Grâce aux estuaires et aux atouts du transport par voie fluviale, ils ont aussi vocation à participer à l’approvisionnement de certaines régions déficitaires en granulats terrestres et connectées à la mer par un fleuve, comme Nantes, l’Ile-de-France et Bordeaux notamment. Ils satisfont ainsi 20 à 60 % des besoins des départements littoraux et parfois plus (80 % sur Le Havre - Fécamp).

Created with Sketch. Maitrise des impacts et suivi environnemental

Cette activité a des externalités réduites

  • Les méthodes d’exploitation développées suite aux conclusions des recherches scientifiques sur l’impact de l’exploitation des granulats marins permettent de maitriser l’impact et de retrouver la fonctionnalité du milieu après recolonisation naturelle de la zone exploitée, celle-ci se produisant à plus ou moins long terme (3 à 10 ans en fonction des milieux étudiés et des conditions d’exploitation).
  • La co-activité avec les autres usages en mer est possible, notamment pour l’activité de pêche qui peut perdurer pendant et après l’exploitation. L’exploitation de granulats marins peut être assimilée à un bateau qui se déplace sur la surface de l’océan, qu’il soit en phase de transit ou d’extraction. Après avoir rempli sa cale, le navire extracteur rejoint son port de débarquement en ne laissant aucune contrainte sur le site de la concession après son départ : le trafic maritime n’est pas dévié, les pêcheurs peuvent continuer leur activité de pêche. Cette activité ne crée aucune servitude pour les autres usagers de la mer.


Éviter et réduire les impacts
Comme toute activité humaine, l’exploitation des granulats marins a un impact sur le milieu physique et biologique marin. Comme pour les milieux terrestres, les exploitants doivent définir et mettre en œuvre les mesures nécessaires pour éviter et réduire les impacts de leurs projets sur le milieu marin. Afin d’éviter tout impact résiduel significatif, la profession :

  • évite les zones présentant des enjeux environnementaux significatifs, notamment les zones de nourriceries et de frayères de fonds identifiées ;
  • choisit les zones dont les caractéristiques sont favorables à une recolonisation biologique des fonds marins ;
  • adapte ses pratiques d’exploitation pour limiter les impacts et favoriser la résilience du milieu, certaines étant d’application systématique (éviter toute mise à nu du substratum rocheux en maintenant une couverture sédimentaire suffisante), d’autres pouvant être mises en œuvre en fonction de la sensibilité des zones concernées, notamment vis-à-vis de la pêche.


État de référence initial et suivi du milieu marin
L’établissement d’un état initial est nécessaire pour le suivi des effets de l’activité extractive sur le milieu marin. Des protocoles scientifiques sont systématiquement mis en œuvre, depuis les années 2000, pour analyser l’état initial des sites et surveiller à intervalles réguliers l’effet des extractions au regard des impacts identifiés dans les études d’impact. Les résultats de ces suivis environnementaux sont essentiels et peuvent conduire à une adaptation des méthodes et périodes d’exploitation pour limiter les effets de l’extraction et favoriser la restauration du milieu. Comme pour l'évaluation des impacts, l'orientation des suivis se fait selon les objectifs de conservation du site, proportionnellement à la pression de l'activité sur l'environnement. Le suivi doit être adapté à chaque situation particulière. À cet effet, le maitre d'ouvrage pourra se référer aux protocoles recommandés par l’IFREMER. C'est pourquoi, il est recommandé de réaliser au minimum les opérations suivantes : une cartographie morpho-bathymétrique, une cartographie morpho-sédimentaire et un inventaire biologique. Ces dispositions sont aujourd’hui systématiquement reprises dans les arrêtés préfectoraux d’ouverture de travaux, qui définissent les conditions d’exploitation et les mesures périodiques de suivi des exploitations de granulats marins.

 

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